samedi 29 décembre 2007

Pourquoi le web 1.0 n'est pas mort

Le web 2.0 est-il une évolution ou une révolution, un terme rempli de signification ou galvaudé et vide de sens ?
Cette question ultime de notre début de siècle à agité la plupart des théorieciens du web et continue à faire tourner en rond ceux qui ne se sont pas petit à petit désintéressés de la question.
En relisant certains articles glanés ci et là dans le cadre de mon mémoire de fin d'étude, j'ai eu envie de relayer sur ce blog la réponse à laquelle j'étais arrivé à l'époque (il y a 6 mois pour être exact)
Pourquoi le web 2.0 n’est pas une rupture avec "l'ancien" web ?
D’un point de vue historique, on considère généralement qu’ « Internet, sous sa forme actuelle, a été inventé entre 1989 et 1991 par le britannique Sir Tim Berners-Lee, inventeur du premier navigateur, du protocole d’écriture HTTP et président du World Wide Web Consortium. » (WIKIPEDIA, 17.06.2007)

Depuis ses origines, Internet est mû par une vision idéaliste qui prône l’échange non rémunéré des idées et des technologies. Chacun devrait pouvoir accéder à Internet gratuitement et contribuer à son développement. En effet, comme nous le signale wikipedia.org, la plus grande contribution de Tim Berners-Lee fut peut-être d’avoir rendu son idée complètement libre sans brevet ni droit.
« Le World Wide Web Consortium décida que leurs standards devaient être basés uniquement sur des technologies libres de tout droit afin que chacun puisse les adopter librement.» (WIKIPEDIA, 19.06.2007)
Internet était donc, dès l’origine, conçu pour permettre aux gens de travailler ensemble en combinant leurs connaissances de façon à former une toile de documents hypertextes.

Mais Internet se détourna rapidement des principes anti-mercantiles formulés par son créateur. Wikipedia.org nous rappelle à ce propos que « d’une part la Toile se base sur des principes abstraits et elle est guidée par un certain idéalisme mais d’autre part les intérêts privés ont tendance à reprendre le dessus et à combattre les principes d’origines. » (WIKIPEDIA, 27.06.2007)

A partir de 1994, avec le lancement d’acteurs essentiels comme le moteur de recherche Yahoo ou le logiciel open-source Linux, la fièvre Internet décolle véritablement et se répand dans toutes les couches de la population. Désormais, tout le monde veut sa part du gâteau de l’économie virtuelle, ce que certains ont appelé la ‘nouvelle économie’ ou encore la ‘Net economy’. Comme nous pouvons le voir avec Félix Stalder, « la culture Internet, prise dans son ensemble, a changé. L'esprit de libre partage qui la caractérisait à ses débuts est de plus en plus menacé par les grands groupes marchands qui maîtrisent, historiquement, les industries du contenu. » (STADLER, 23.07.2002)

« La popularisation du réseau Internet a fait croire à beaucoup qu'on était à la veille d'une deuxième révolution industrielle et aux portes d'une période de croissance économique faramineuse. » (WIKIPEDIA, 27.06.2007) Les capitaux-risqueurs se sont alors mis à investir en masse dans des petites entreprises, les start-up, qui développaient des produits et des idées innovantes afin d’exploiter d’une manière lucrative Internet et ses millions d’utilisateurs. Ces start-up cherchaient « une entrée en bourse rapide et promettaient de fabuleux profits potentiels futurs. » (WIKIPEDIA, 27.06.2007) Le développement des start-up, ainsi que le succès de la plupart de leurs modèles économiques, ont entretenu pendant plusieurs années une véritable frénésie chez les investisseurs.
« Le 10 mars 2000, l'indice Nasdaq (celui des valeurs technologiques) atteint son plus haut niveau à 5 132,52 points, soit le double de sa valeur quatorze mois plus tôt. » (MIGNARD, 25.05.2006) Ce succès démesuré d’Internet et l’intense spéculation boursière qui l’accompagne mène en 2000 à une catastrophe boursière restée dans la mémoire collective: l’éclatement de la bulle Internet. « En quelques mois, l'effondrement du marché a bouleversé de fond en comble un secteur euphorique depuis près de cinq ans. Nettement refroidis, les capitaux-risqueurs, principaux bailleurs de fonds de cette bulle spéculative, ont aussitôt revu leurs stratégies d'investissements, précipitant la faillite de nombre de petites structures. » (MIGNARD, 25.05.2006)

« L'explosion de la bulle Internet en 2001 a définitivement marqué un tournant dans l'histoire du Web. Beaucoup de gens ont à ce moment considéré que le Web était une technologie surévaluée alors qu'au contraire, le fait qu'une bulle se forme puis éclate est un trait commun à toutes les révolutions industrielles. Ces soubresauts sont même caractéristiques du moment où une technologie ascendante est prête à entrer dans une nouvelle phase. C'est en effet le moment où les simples prétendants arrivent à bout de souffle tandis que les points forts des premiers gagnants apparaissent : et c'est seulement à cet instant que l'on commence à comprendre ce qui distingue les premiers des seconds. » (O’REILLY, 30.09.2005)

La plupart des standards que l’on retrouve dans le Web 2.0 ont été imaginés et produits par des gens qui travaillaient sur le Web 1.0. Le Web 2.0 n’a cependant pas pu se développer plus tôt, car de nombreux freins ont longtemps empêché la collaboration et l’interactivité dont rêvait Tim Berners-Lee :

- Des sites Web à sens unique, au contenu créé et diffusé exclusivement par des experts. « Ces sites ne faisaient que pousser vers nous des contenus, ou cherchaient à attirer nos cartes de crédits. » (HINCHCLIFFE, 04.09.2006)

- Un manque de compétence des internautes et des publicitaires qui découvraient pour la plupart Internet,

- L’équipement des foyers en connexions Internet, relativement faible avant les années 2000 et constitué principalement de connexions bas débits,

- Les coûts de développement techniques très élevés

- La structure du paysage médiatique qui n’était pas encore morcelé par la
multiplication des chaînes TV, la diffusion de titres de presse gratuit, etc.

Ces multiples freins peuvent en partie expliquer la raison pour laquelle le Web 1.0 s’est effondré en 2000. On peut dire, en quelques sortes, que les idées étaient en avance sur les mentalités et sur les technologies.

Aujourd'hui, et malgré des points de vue divergents, la plupart des tentatives de définition du phénomène 2.0 s’accorde sur le point suivant : Internet est en train d’évoluer et le Web 2.0 replace le consommateur au cœur du système.
Selon, clever-age.com, un cabinet de conseil en architecture technique créé par des professionnels reconnus, « le socle technique du Web 2.0 reste le même que celui du Web classique. Le " 2.0 " ne correspond en rien à un saut de version majeure. Il est plutôt révélateur d’une approche marketing visant à amplifier la prise de conscience que l’Internet change nos habitudes en profondeur.» (ANON., 19.02.2007)

Techniquement parlant, le Web 2.0 est comparable au Web traditionnel. Il n’y a pas eu de soudaine évolution technologique d’Internet. La différence se fait au niveau de l’utilisation du médium et de ses répercussions sur nos habitudes. Dion Hinchcliffe, de la société Hinchcliffe & Company,affirme à ce propos, dans un article traduit par le site malaiac.net, que le Web 2.0 est un changement des gens et de la société, pas un changement de technologie. « Non seulement 950 millions d’internautes ont rejoint le réseau dans les dix dernières années, mais la plupart utilisent le Net différemment que nous le faisions à l’époque. En effet, une centaine de millions de ces internautes façonnent plus ou moins directement le Web, en construisant leurs propres identités sur le Web, avec les blogs, ou en contribuant de multiples façons à la création de contenus de toutes sortes.» (HINCHCLIFFE, 04.09.2006)

Le Web 2.0 offre la possibilité aux utilisateurs d’endosser un rôle dont ils ont été
depuis longtemps déchus par les médias traditionnels : celui de créateur de contenu. Le fonctionnement des sites et services du Web 2.0 repose sur la participation d’un grand nombre d’internautes pour fournir, créer, enrichir et organiser du contenu. Le Web1.0 était le domaine du surfeur : passif, consommateur ; cherchant de l’information avec des outils désignés par des professionnels. Le Web2.0 est le territoire du contributeur : actif, producteur.

Ce phénomène est appelé l’User-Generated Content, ou UGC. « L’UGC désigne la montée en puissance sur le Web des contenus " amateurs " produits par les internautes eux-mêmes, à côté de ceux produits par les professionnels. Le Web devient un média social, voire citoyen, où tout le monde peut devenir auteur.» (HAY)

L’UGC reflète une forme de démocratisation de la production de contenus Web,
rendue possible par la convergence de plusieurs facteurs :

- le taux d’équipement des foyers en connexions hauts débits, qui a constamment augmenté pour atteindre, à titre d’exemple significatif tiré du site atelier.fr, 80% des connexions totales à Internet en France en 2006. (ANON., 04.04.2006)

- le développement technologique et la popularisation des outils de production et de manipulation de contenu. Ceci englobe les caméras et appareils photos numériques ainsi que les logiciels informatiques tels que Photoshop et FinalCut

- l’émergence d’une nouvelle génération d’internautes " natifs du numérique" (digital natives).

- et enfin le développement de technologies cybernétiques accessibles et abordables par tous. « Cela comprend des interfaces souples et légères fondées sur les nouveaux standards et protocoles du Web. » (LAY)
Fin de la première partie.


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